- Cinq familles d'accidents de plongée : pression, bulles, effort respiratoire, eau inhalée, froid.
- Un symptôme inhabituel après une plongée (douleur, fourmillements, vertige, fatigue brutale) se traite comme un accident tant qu'un médecin n'a pas tranché.
- En mer, l'alerte passe par le 196 (CROSS), le canal 16 en VHF ou le 112.
- Cette page ne remplace ni une formation au secourisme ni l'avis d'un médecin.
Les cinq familles d'accidents de plongée
Sous l'eau, le corps subit une pression qui augmente d'une atmosphère tous les dix mètres environ. Presque tous les accidents de plongée découlent de ce que cette pression fait aux gaz, aux cavités du corps ou à la respiration. Le tableau les range par mécanisme.
| Famille | Mécanisme | Moment typique | Signes d'appel |
|---|---|---|---|
| Barotraumatisme | Gaz piégé dans une cavité qui ne s'équilibre pas | Descente ou remontée | Douleur d'oreille ou de sinus, saignement de nez, toux, douleur thoracique |
| Accident de désaturation | Bulles formées par l'azote dissous | Après la sortie de l'eau, parfois dès la remontée | Douleurs articulaires, fourmillements, vertiges, fatigue brutale, troubles de la vue |
| Essoufflement | Effort ou stress qui dépasse la ventilation | Pendant la plongée, au courant, au palmage | Respiration courte, envie de remonter, panique, maux de tête |
| Noyade | Eau inhalée, souvent après une perte de détendeur ou un malaise | À tout moment | Toux, détresse, perte de connaissance, retrouvé inerte |
| Froid | Perte de chaleur plus rapide que l'apport | Plongée longue ou combinaison inadaptée | Frissons, maladresse des mains, confusion |
Un plongeur transi respire plus vite, consomme plus d'air, s'essouffle, puis remonte trop vite : une seule plongée peut cumuler plusieurs familles.
Barotraumatismes : le premier accident de plongée
Un barotraumatisme survient quand un volume de gaz ne peut pas suivre la variation de pression : il se comprime à la descente et se dilate à la remontée. Cela va du simple mal d'oreille à la lésion pulmonaire grave.
Oreilles et sinus : les plus courants
Le tympan se plaque vers l'intérieur si l'équilibrage tarde. Une douleur à la descente est un signal d'arrêt : on remonte de quelques mètres et on recommence doucement, jamais en forçant. Un rhume ou un nez bouché est une raison de ne pas plonger ce jour-là.
Poumons : l'accident de remontée
En remontant, l'air des poumons se dilate. Si le plongeur retient sa respiration, ou si une partie du poumon est obstruée, la surpression peut déchirer le tissu. Voilà pourquoi la règle de base est de ne jamais bloquer sa respiration en remontant avec un détendeur.
- Signes possibles : douleur à la poitrine, toux avec crachats rosés, essoufflement, voix modifiée.
- Dans les cas sévères : troubles neurologiques à la sortie de l'eau, parce que des bulles d'air passent dans la circulation.
- Le risque existe même depuis une faible profondeur : dans les derniers mètres, la variation relative de pression est la plus forte.
L'accident de désaturation et ses signes
À profondeur, le corps dissout de l'azote ; à la remontée, il doit l'éliminer. Si la remontée est trop rapide ou le profil trop chargé, des bulles se forment. Le mécanisme, les tables et les ordinateurs sont détaillés dans notre guide de la désaturation et dans la page sur les paliers de décompression.
Quand les symptômes apparaissent
Les signes surviennent le plus souvent dans l'heure qui suit la sortie de l'eau, parfois dès le bateau, plus rarement après plusieurs heures. Respecter l'ordinateur ne donne aucune garantie : un profil correct n'exclut pas l'accident, d'où l'intérêt de la marge.
À quoi penser après la plongée
- Douleur diffuse dans une épaule, un coude, un genou.
- Fourmillements, engourdissement, faiblesse d'un membre.
- Vertige, nausée, vision trouble, difficulté à parler.
- Fatigue très inhabituelle, démangeaisons ou marbrures de la peau.
- Gêne respiratoire ou douleur thoracique.
Un doute après la plongée justifie l'alerte, même si les signes sont légers ou ont disparu. Ne retournez pas dans l'eau pour tenter de soulager : seule une équipe médicale décide de la suite.
Essoufflement, noyade et froid
L'essoufflement : le signal qu'on ignore
L'air détendu devient plus dense avec la profondeur, la ventilation coûte plus cher, et le gaz carbonique s'accumule si l'on respire court. Un plongeur qui force au courant, porte un lestage excessif ou stresse peut basculer en quelques secondes. La conduite : s'arrêter, se tenir à un support, respirer lentement, signaler à son binôme.
La noyade : souvent la fin d'une chaîne
Elle s'enchaîne rarement d'un seul coup : un incident (essoufflement, vanne mal ouverte, malaise) puis une panique, une perte de détendeur, une eau inhalée. Les cas d'école analysés par les réseaux de sécurité reviennent sans cesse aux mêmes maillons, résumés ci-dessous.
| Maillon | Ce qu'il provoque | Parade |
|---|---|---|
| Vanne de bouteille ouverte à moitié | Manque d'air en profondeur | Contrôle de l'ouverture et test de respiration avant l'immersion |
| Lestage ou flottabilité mal réglés | Remontée incontrôlée ou fond difficile à quitter | Lestage vérifié, gilet maîtrisé |
| Alcool ou fatigue la veille | Moindre vigilance, désaturation plus probable | Se coucher tôt, ne pas boire avant de plonger |
| Séparation du binôme | Personne pour aider ou alerter | Consignes de ralliement avant la mise à l'eau |
Le froid : lent, sournois
Le froid ne tue pas directement sous l'eau, mais il dégrade la coordination, la réflexion et la ventilation. Un plongeur qui grelotte doit mettre fin à la plongée et se réchauffer à l'abri. Il choisit la combinaison selon la température de l'eau, pas selon l'air.
Conduite à tenir devant un accident de plongée
La formation au secourisme (le PSC1, puis les qualifications propres à la plongée) apprend ces gestes en conditions réelles. La liste donne l'ossature générale ; elle ne la remplace pas.
- Sécuriser : sortir la victime de l'eau, vérifier qu'elle respire, empêcher qu'elle coule.
- Alerter sans attendre, en donnant la position précise (voir plus bas).
- Mettre sous oxygène à fort débit, par une personne formée, dès que le matériel est disponible : c'est le geste de première urgence.
- Allonger la victime au chaud, la surveiller sans la laisser seule, ne rien lui donner à boire si elle est somnolente ou vomit.
- Noter l'heure de la sortie de l'eau, le profil de la plongée, les symptômes ; conserver l'ordinateur sans réinitialiser.
- Ne pas la remettre à l'eau pour une prétendue recompression : elle doit être prise en charge par les secours.
Alerter les secours en mer
En mer, l'alerte gagne du temps si le message est complet. Le CROSS (centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage) coordonne les secours maritimes ; il répond au 196 depuis un téléphone, ou au canal 16 de la VHF.
| Moyen | Quand l'utiliser | À retenir |
|---|---|---|
| VHF canal 16 | À bord d'un bateau équipé | Appel de détresse ou d'urgence, écoute permanente des centres de secours |
| 196 | Depuis un téléphone, près des côtes | Joint le CROSS ; le réseau mobile peut manquer au large |
| 112 | Numéro européen, depuis la côte | Oriente vers le bon service, y compris en situation maritime |
| 15 | Urgence médicale à terre | SAMU, pour le conseil médical et l'envoi d'un médecin |
Ce que le message doit contenir
- Qui appelle, sur quel bateau, avec quel numéro de rappel.
- Position en coordonnées ou repère connu (bouée, cap, distance à la côte).
- Nombre de victimes, état, symptômes, heure de la sortie de l'eau.
- Si de l'oxygène est administré, et depuis quand.
Plongeur perdu en mer
Une palanquée qui remonte loin du bateau doit pouvoir se signaler : parachute de surface déployé, sifflet, miroir, lampe. Les recherches reposent sur le temps écoulé et la couverture radio de la zone, très variable selon la région. Dans les territoires d'outre-mer, les numéros d'alerte peuvent différer : on les connaît avant d'embarquer.
Prévenir les accidents de plongée
Ces règles écartent la plupart des incidents sans coût particulier. Elles se vérifient avant la mise à l'eau, pas pendant. Nos pages sur le niveau 1 et le certificat médical précisent le cadre de formation et d'aptitude.
- Un certificat médical valide, délivré par un médecin formé à la plongée.
- Un matériel révisé et contrôlé : voir le contrôle des bouteilles.
- Une remontée lente, un palier de sécurité de principe, pas d'apnée avec un détendeur.
- Une plongée dans la limite de son niveau, avec un encadrement adapté.
- Une hydratation suffisante, pas d'alcool, du repos.
Questions fréquentes
Quels sont les accidents de plongée les plus fréquents ?
Les barotraumatismes d'oreille et de sinus sont les plus courants, souvent bénins. Parmi les accidents graves, on retrouve la désaturation, la surpression pulmonaire, l'essoufflement et la noyade.
Quels symptômes après une plongée doivent faire alerter ?
Une douleur articulaire, des fourmillements, un vertige, une vision trouble, une fatigue inhabituelle ou une gêne respiratoire. Ils peuvent apparaître quelques minutes ou quelques heures plus tard.
Quel numéro appeler en cas d'accident en mer ?
Le 196 joint le CROSS depuis un téléphone, le canal 16 en VHF reste le moyen de détresse à bord, et le 112 est le numéro européen d'urgence.
Un accident de désaturation peut-il arriver sans dépasser l'ordinateur ?
Oui. L'ordinateur reste un modèle statistique : fatigue, froid, effort, déshydratation peuvent suffire. D'où l'intérêt de la marge et des paliers.
Peut-on replonger après un accident de plongée ?
Pas sans l'accord d'un médecin. La reprise dépend de la nature de l'accident, du bilan et de l'aptitude, qui relève d'une consultation et non d'un guide.
Pourquoi donner de l'oxygène à un plongeur accidenté ?
Respirer de l'oxygène pur aide à éliminer l'azote et améliore l'oxygénation des tissus en attendant la prise en charge médicale. Il est administré par une personne formée.
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