- La désaturation dépend de la profondeur, de la durée et du nombre de plongées : plus on a absorbé d'azote, plus l'élimination est longue.
- La vitesse de remontée recommandée se situe de l'ordre de 10 à 15 m par minute selon la table ou l'ordinateur : suivez la consigne de votre appareil et de votre encadrant.
- Un palier de sécurité de 3 à 5 minutes vers 3 à 5 m est pratiqué même quand rien ne l'impose.
- Avant un vol, les recommandations courantes vont de 12 à 24 heures selon les plongées effectuées : en cas de doute, attendre.
La désaturation, ce que le terme désigne en plongée
En plongée, la désaturation désigne l'élimination de l'azote dissous dans les tissus. Elle commence pendant la remontée et se poursuit plusieurs heures après la sortie de l'eau. C'est elle qui explique les paliers, les délais entre deux plongées et l'attente avant de prendre l'avion.
En médecine, on parle aussi de désaturation pour la chute du taux d'oxygène dans le sang, mesurée par un oxymètre. C'est un sujet différent. Cette page traite de la désaturation de l'azote chez le plongeur, après une immersion sous pression.
Saturation et désaturation : deux phases
- À la descente et pendant le séjour au fond, l'azote se dissout dans les tissus : c'est la saturation.
- À la remontée et en surface, il revient vers le sang puis vers les poumons : c'est la désaturation.
- Les tissus ne se vident pas au même rythme : le sang et les organes riches en eau vont vite, les graisses et les articulations lentement.
La loi de Henry et la pression partielle d'azote
La loi de Henry dit que la quantité de gaz dissous dans un liquide augmente avec la pression de ce gaz. L'air contient environ 79 % d'azote : en descendant, la pression partielle de l'azote augmente en proportion, et le corps en absorbe davantage.
| Profondeur | Pression absolue | Pression partielle d'azote |
|---|---|---|
| Surface | 1 bar | environ 0,8 bar |
| 10 m | 2 bars | environ 1,6 bar |
| 20 m | 3 bars | environ 2,4 bars |
| 30 m | 4 bars | environ 3,2 bars |
| 40 m | 5 bars | environ 4 bars |
Pourquoi une remontée trop rapide pose problème
Quand la pression baisse trop vite, l'azote dissous n'a pas le temps de repasser tranquillement vers les poumons et peut former des bulles dans les tissus ou dans le sang. Ces bulles sont à l'origine des accidents de décompression, détaillés dans le guide sur les accidents de plongée.
La vitesse de remontée, premier levier de la désaturation
La remontée est le moment où la désaturation se joue. Une vitesse lente laisse l'azote s'évacuer progressivement ; une vitesse excessive favorise les bulles. Les valeurs varient selon les modèles de décompression.
- Les consignes courantes vont de 10 à 15 m par minute selon la table ou l'ordinateur utilisé.
- Un ordinateur de plongée alerte quand la vitesse dépasse sa limite : cette alarme se respecte.
- Une remontée en pleine eau demande un repère visuel : ligne, fond, guide de palanquée.
- Ralentir les derniers mètres est une habitude de prudence qui profite à la désaturation.
Le palier de sécurité
Même quand aucun palier de décompression n'est imposé, la pratique courante consiste à marquer une pause de 3 à 5 minutes vers 3 à 5 m. Elle laisse une marge pour la désaturation et ajoute du temps pour contrôler la remontée finale.
Tables et ordinateurs : deux façons de suivre la désaturation
Pour estimer l'azote restant dans le corps, on utilise soit des tables imprimées, soit un ordinateur qui calcule en continu. Les deux reposent sur des modèles mathématiques : aucun ne mesure vraiment ce qui se passe dans votre organisme.
| Critère | Tables (MN90 par exemple) | Ordinateur de plongée |
|---|---|---|
| Principe | Valeurs pré-calculées pour des profils types | Calcul en continu sur le profil réel |
| Précision sur un profil complexe | Prudente, par paliers de profondeur et de durée | Plus fine, avec la profondeur de chaque instant |
| Risque principal | Erreur de lecture ou de calcul | Panne de pile, mauvais réglage |
| Usage en formation | Apprentissage obligatoire des principes | Outil courant à mesure que l'autonomie grandit |
Un ordinateur de plongée simplifie le suivi, mais il ne dispense pas de comprendre la désaturation. Un mémoire d'instructeur de 2016, dont ce site garde la trace, passait en revue les modes de calcul de la désaturation, l'historique des outils et leurs usages.
Plongées successives et azote résiduel
Après une plongée, l'azote n'est pas totalement évacué. On parle d'azote résiduel : il s'ajoute à celui de la plongée suivante. Les tables classent les enchaînements selon le temps passé en surface entre deux immersions.
| Type | Intervalle en surface | Conséquence |
|---|---|---|
| Plongée simple | Plus de 12 heures | On repart sans azote résiduel |
| Plongée successive | De 15 minutes à 12 heures | On tient compte de l'azote résiduel (majoration) |
| Plongée consécutive | Moins de 15 minutes | On additionne les temps et on prend la profondeur la plus grande |
Le profil en dents de scie
Remonter et redescendre plusieurs fois pendant une même plongée perturbe la désaturation et expose davantage aux bulles. Les encadrants demandent de rester à une profondeur décroissante, en commençant par la partie la plus profonde.
Après la plongée : ce qui aide, ce qui gêne, et l'avion
La désaturation se poursuit une fois sorti de l'eau. Plusieurs facteurs sont couramment cités comme défavorables : l'effort intense, le froid, la fatigue, la déshydratation. Le médecin du sport ou le médecin fédéral reste l'interlocuteur pour toute question personnelle.
- Boire de l'eau et se reposer après la sortie de l'eau.
- Éviter l'effort violent et les apnées profondes dans les heures qui suivent.
- Se réchauffer sans excès : un séjour très chaud juste après la plongée n'est pas recommandé.
- Signaler tout symptôme anormal à l'encadrant avant de quitter le site.
Prendre l'avion après une plongée
Les recommandations courantes demandent d'attendre entre 12 et 24 heures avant de prendre l'avion, selon le nombre de plongées, leur profondeur et la présence de paliers. Après des plongées répétées ou profondes, la fourchette haute s'applique. Dans le doute, attendez davantage.
Douleurs articulaires, fourmillements, fatigue intense inhabituelle, vertiges ou troubles visuels après une plongée imposent d'alerter immédiatement un encadrant et les secours (15 ou 112). Ne tentez pas de vous soigner seul en replongeant.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la désaturation en plongée ?
C'est l'élimination progressive de l'azote absorbé sous pression. Elle se produit à la remontée et en surface, et sa bonne gestion évite la formation de bulles dangereuses.
Combien de temps dure la désaturation après une plongée ?
Plusieurs heures, et davantage après une plongée profonde ou des plongées répétées. Les tissus lents peuvent mettre une journée à se vider ; d'où les délais conseillés avant l'avion.
Quelle vitesse de remontée respecter ?
De l'ordre de 10 à 15 m par minute selon la table ou l'ordinateur. Respectez la consigne de votre appareil et celle de votre encadrant, qui fait foi.
Peut-on prendre l'avion après une plongée ?
Les recommandations courantes vont de 12 à 24 heures selon les plongées effectuées. Dans le doute, attendez plus longtemps et demandez conseil à votre médecin ou à un encadrant.
Que faire pour faciliter la désaturation ?
Remonter lentement, faire le palier de sécurité, boire de l'eau, se reposer et éviter l'effort intense après la sortie. Ces conseils généraux ne remplacent pas un avis médical.
La désaturation en plongée est-elle la même qu'en médecine ?
Non. En médecine, la désaturation désigne une baisse du taux d'oxygène sanguin. En plongée, il s'agit de l'azote dissous. Les deux phénomènes n'ont pas les mêmes causes.
Un ordinateur suffit-il à gérer la désaturation ?
Il aide beaucoup, mais il applique un modèle. Il faut comprendre ses alarmes, garder des marges et ne jamais forcer ses limites parce que l'écran l'autorise.
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