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Détendeur plongée : étages, octopus et révision

Un détendeur plongée ramène l'air de la bouteille, comprimé à plusieurs dizaines de bars, à la pression de l'eau autour du plongeur. Il le fait en deux étages : le premier, vissé sur la bouteille, et le second, en bouche. Voici comment il fonctionne, ce que sont l'octopus et la version eaux froides, et pourquoi les fabricants recommandent une révision chaque année.

Mis à jour le 22 octobre 2026 · par Hervé Castagné

En bref
  • Premier étage : sur la bouteille, il ramène la haute pression à une moyenne pression. Second étage : en bouche, il délivre l'air à la demande à la pression ambiante.
  • L'octopus est un second étage de secours, que le plongeur autonome porte pour partager son air avec un équipier.
  • Pour des eaux froides, on choisit un détendeur plongée annoncé adapté, avec un premier étage protégé de l'eau et du givrage.
  • Les fabricants recommandent une révision tous les ans, même si le détendeur a peu servi ; un détendeur d'occasion s'achète avec la preuve de la dernière révision.

Détendeur plongée : le principe des deux étages

L'air d'une bouteille de plongée est comprimé jusqu'à 200 bars environ, une pression impossible à respirer. Le détendeur de plongée la réduit en deux temps, pour que l'air arrive à la pression de l'eau à la profondeur du plongeur, quelle qu'elle soit.

Le trajet de l'air, de la bouteille à la bouche
ÉlémentPression de l'airRôle
Bouteille et robinetHaute pression, environ 200 barsStocker l'air, ouvrir ou fermer l'arrivée
Premier étageRéduit à une moyenne pression, de l'ordre d'une dizaine de bars au-dessus de la pression ambianteSe fixe sur le robinet, alimente les flexibles
Flexibles moyenne pressionMoyenne pressionAmener l'air au second étage, à l'octopus et au gilet
Second étagePression ambianteDélivrer l'air à chaque inspiration, à la demande
ManomètreHaute pressionAfficher la réserve d'air dans la bouteille
Pourquoi « à la demande »

Le second étage ne s'ouvre que lorsque le plongeur inspire : l'inspiration abaisse la pression dans le boîtier, une membrane bouge et l'air arrive. Si le plongeur arrête d'inspirer, l'air cesse de couler.

Premier étage, second étage : les technologies

Piston ou membrane

Dans un détendeur de plongée, le premier étage à piston coulisse dans un cylindre pour régler la pression ; le premier étage à membrane utilise une membrane souple isolée du milieu. Les deux fonctionnent très bien. Le choix tient au fabricant, à l'entretien et à la résistance au froid.

Compensé ou non compensé

Un détendeur compensé garde une moyenne pression stable quand la pression de la bouteille baisse, ce qui rend la respiration plus régulière en fin de plongée. Les détendeurs non compensés sont plus simples. Les gammes récentes proposent surtout des modèles compensés.

  • Compensation du premier étage : pression moyenne stable, respiration régulière.
  • Compensation du second étage : moins d'effort à l'inspiration, plus de confort.
  • Réglage du second étage : certains modèles offrent un bouton pour ajuster l'effort inspiratoire.
  • Raccord : étrier ou DIN selon le robinet de la bouteille, à vérifier avant l'achat.

Octopus, manomètre, gilet : ce qu'on branche sur le détendeur plongée

Les accessoires reliés au premier étage
AccessoireRôleRemarque
OctopusSecond étage de secours pour partager l'air avec un équipierSouvent de couleur vive, placé à portée de main
ManomètreLire la pression de la bouteilleSe regarde régulièrement pendant la plongée
Inflateur du giletGonfler le gilet avec l'air de la bouteilleFlexible de moyenne pression dédié
Ordinateur reliéAfficher la pression et la consommationVoir la page ordinateur de plongée

À quoi sert l'octopus

L'octopus est un second étage supplémentaire. En cas de panne d'air d'un équipier, on lui donne l'octopus pour remonter ensemble en respirant à la même bouteille. Son usage s'apprend avec un encadrant : on s'entraîne à le donner et à le recevoir lors de la formation.

Les clubs exigent en général un octopus sur chaque détendeur plongée porté par un plongeur autonome, et il se vérifie avant la mise à l'eau lors du contrôle à deux.

Détendeur plongée pour eaux froides

Quand l'air se détend, il se refroidit fortement. En eau très froide, de l'humidité peut geler dans le détendeur et déclencher un débit libre, c'est-à-dire un flux d'air continu qui vide la bouteille. Les détendeurs de plongée destinés aux eaux froides limitent ce risque.

  • Premier étage isolé de l'eau (à membrane ou à piston protégé) pour éviter que l'eau gèle dans le mécanisme.
  • Second étage prévu par le fabricant pour limiter le givrage et le débit libre.
  • Annonce de l'usage « eaux froides » sur la fiche, souvent pour une eau inférieure à 10 °C selon la norme européenne.
  • Redondance : en eau très froide, certains plongeurs formés emportent un second détendeur indépendant, ce qui relève d'une formation spécifique.
En eau froide, ne pas purger à l'air libre

Hors de l'eau, par temps froid, on évite de purger ou de respirer longuement sur le détendeur : le second étage peut givrer. On suit les consignes de l'encadrant et la notice du fabricant.

Choisir son premier détendeur plongée

Au début, la location ou le prêt du club suffit. On achète son détendeur de plongée après le niveau 1 ou le niveau 2, quand on plonge assez souvent pour que la révision annuelle soit rentable. Le choix repose sur cinq critères.

  1. Le raccord : étrier ou DIN, selon les bouteilles utilisées par votre club et vos centres.
  2. La température de l'eau habituelle : un détendeur eaux froides pour la Manche, l'Atlantique ou les lacs de montagne.
  3. Le poids et l'encombrement, si l'on voyage souvent.
  4. Le jeu complet : second étage, octopus, manomètre, sac et flexible adapté.
  5. La disponibilité de la révision chez un réparateur agréé par la marque.

Les marques connues, sans classement

Scubapro, Mares, Aqualung, Apeks ou Cressi proposent chacune une gamme de détendeurs compensés pour débutants. On les essaie en magasin ou au club, avec un moniteur, avant de décider.

Révision annuelle d'un détendeur de plongée

Ce qui se passe lors d'une révision de détendeur
ÉtapeCe qui est faitPourquoi
DémontagePremier et second étages démontés, pièces nettoyéesÉliminer sel, dépôts et particules
RemplacementJoints, clapets et ressorts changés selon le kit du fabricantPièces d'usure qui perdent leur élasticité
RéglageMoyenne pression et effort inspiratoire remis aux valeurs du fabricantRespiration régulière, pas de débit libre
TestEssai sur banc, étanchéité contrôléeVérifier avant remise au plongeur

Pourquoi tous les ans

Les fabricants recommandent une révision annuelle, quel que soit le nombre de plongées : l'eau salée, l'humidité et le vieillissement des joints dégradent le détendeur de plongée même au repos. Le tarif varie selon la marque et l'atelier ; comptez de l'ordre de quelques dizaines à une centaine d'euros, à confirmer avec le réparateur.

Conserver la preuve de révision

Gardez la facture ou la fiche de révision : un club, un centre et un acheteur d'occasion peuvent la demander. Pour les blocs de plongée, le contrôle annuel équivalent est décrit sur la page TIV plongée.

Après chaque plongée : entretenir son détendeur

  1. Boucher l'entrée du premier étage avec son capuchon avant de le rincer : l'eau ne doit pas entrer dans le filtre.
  2. Rincer à l'eau douce, en maintenant le capuchon, sans appuyer sur la purge du second étage.
  3. Sécher à l'abri du soleil, flexibles non pliés, puis ranger dans un sac.
  4. Ne pas démonter soi-même : seule la révision par un technicien agréé touche aux pièces internes.

Pour le reste du matériel et l'ordre des achats, la page équipement plongée donne le cadre. Les gestes d'urgence, y compris avec l'octopus, s'apprennent avec un encadrant, comme dans la formation du niveau 1 plongée.

Questions fréquentes

Comment fonctionne un détendeur de plongée ?

Il réduit la haute pression de la bouteille en deux étapes. Le premier étage fournit une moyenne pression aux flexibles, le second délivre l'air à la demande, à la pression de l'eau, quand le plongeur inspire.

À quoi sert l'octopus ?

C'est un second étage de secours. Il permet de partager l'air d'une bouteille avec un équipier en cas de panne, et son usage s'apprend en formation.

Faut-il un détendeur spécial pour l'eau froide ?

Oui, en eau très froide, de l'humidité peut geler et provoquer un débit libre. Les détendeurs annoncés pour les eaux froides protègent leur mécanisme du givrage.

À quelle fréquence réviser son détendeur plongée ?

Les fabricants recommandent une révision chaque année, chez un technicien agréé, même si l'on a peu plongé. Conservez la fiche de révision.

Quelle différence entre étrier et DIN ?

Ce sont deux raccords entre le premier étage et le robinet de la bouteille. L'étrier se serre autour du robinet, le DIN se visse. Vérifiez le type de robinet de vos bouteilles.

Un détendeur de plongée d'occasion est-il fiable ?

Seulement avec la preuve d'une révision récente, de préférence chez un réparateur agréé. Sans fiche de révision, prévoyez une révision immédiate à vos frais.

À explorer ensuite : Équipement de plongéeTIV plongéeNiveau 1 plongée